Témoignages

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Charles Tournemire dans la 'Notice d'Inauguration': 'Cet enrichissement se jusitfie par le souci que j'ai eu, en conscience, de servir complètement l'Art de l'Orgue du XIIIe siècle jusques à nos jours' . Tournemire a loué le travail comme «équilibré selon toutes les règles de l'art» et il a affirmé que la particularité de cet instrument était qu'il avait une grande homogénéité et d'incroyables nuances d'équilibre extraordinaire (à la fois dans le crescendo sur la base du Cor de nuit du Récit avec le boîte fermé jusqu'au fortissimo plus fort, comme dans le decrescendo).
Extrait des Memoires de Charles Tournemire, 26 juin 1933: Les sonorités de mon orgue de Ste Clotilde sont magnifiques, mais la méchanique laisser à désirer. Selon sa veuve, Tournemire n’était pas très heureux avec les claviers qui n’étaient pas tout à fait facilement jouables (très dur, malgré les machines Barker).
Aussi B. de Miramon Fitz-James (président de la Société des Amis de l’orgue) était ravi, avec quelques notes marginales concernant les nombreux octaves graves et aiguës.
Par contre on a aussi de messages moins positifs, car on a le témoignage personnel de André Fleury qui a joué et écouté l'instrument avant et après les modifications. Fleury a constaté que le son était devenu moins attrayant.

Pierre Moreau*: Cet instrument de quarante-cinq jeux (sic) était certainement l'un des plus beaux de Paris par la qualité de ses timbres, et de plus, l'acoustique de la basilique permettait d'entendre le moindre détail que mettait en valeur la façon si personnelle dont Charles Tournemire l'utilisait.
En 1932, l'orgue fut complètement relevé : une console neuve avec clavier de cinq octaves et pédalier de trente-deux marches, remplaça l'ancienne. De plus, quelques jeux furent ajoutés, car l'orgue de 1858-1859 n'avait aucun cornet. Lors de sa création Gabriel Reinburg, collaborateur si justement réputé de la maison Cavaillé-Coll, l'harmonisa et, Michel Metz, dont le talent était à bon droit apprécié, n'en modifia aucunement la sonorité initiale.

*Pierre Moreau Souvenirs. Charles Tournemire. L'orgue Cahiers et mémoires, 1989-1, nr 41.

Maurice Emmanuel (Juin 1933): … Bien que j'aie pris une place, je suis allé derrière l'autel, afin de savourer à cette distance les effets vraiment magiques de l'instrument. Il m'a semblé que vos mixtures ont transformé la sonorité des tutti, C'est devenu d'un « gras» délectable. Le mélange des fonds et des anches est réalisé dans une perfection totale. Jamais je n'avais entendu (à votre orgue) une sous-basse aussi douce et aussi mystérieuse. N'est-elle
pas une de vos créations ? La boîte expressive a dû être modifiée, car les dégradations de nuances m'ont paru merveilleuses. La clarinette a dû être changée de place, car elle a perdu son immutabilité « positive » et dans la splendide pièce du « Sacris Solemniis », elle m'a vraiment enchanté, bien que sa voix ne se fut pas longtemps élevée dans le concert de votre orchestre. Mais si courte que fût son intervention, quel charme! Sans parier des merveilles harmoniques que contiennent dans diverses pièces les grands accords (surtout parfaits) enchaînés avec grandeur comme vous savez le faire, la sonorité a pris une noblesse, une justesse, une signification nouvelles. Que ne pouvez-vous jouir de tout cela, dans le fond de l'église, à soixante mètres au moins de l'instrument ! Je pense que vous êtes satisfait. Vous allez pouvoir, sur cet instrument adapté à vos convenances, créer un monde sonore selon vos rêves. Je vous envie un tel bonheur. (Source : Mémoires de Charles Tournemire)