Console originale

La mythique console de Cavaillé-Coll a connue une histoire fort mouvementée depuis son départ de la Basilique Ste Clotilde.
Construite dans les ateliers de Cavaillé-Coll, avenue du Maine, la console se trouvait face à la nef, située sous l'encorbellement du buffet. Le tirage des jeux par tirants est disposé en 4 gradins de part et d'autre des claviers. Les tirants sont de section ronde, à pommeaux munis de porcelaines avec écritures noirs pour les jeux de fonds et rouges pour les jeux de combinaisons. L’écriture est caractéristique des débuts de Cavaillé-Coll.
Ordre des cuillers : Tirasses GO-POS-REC, Anches Pédale, Octaves Graves GO-POS- REC-PED, Accouplements PED/GO – REC/PED, Trémolo, expression du récit par cuiller.
Les claviers en chêne, plaqués d’ivoire et de palissandres possèdent des frontons de touches biseautés pour les claviers du Récit et Positif et des frontons droits pour le clavier de Grand-Orgue. Le meuble de console est en chêne et le pupitre était rétractable.
Au début du XXème siècle, Charles Tournemire entreprit quelques travaux sur la console dans le but de moderniser cette dernière.
La commande de l’expression du Récit (jusque là commandée au moyen d’une cuillère à crans) fut remplacée par une pédale d’expression, placée à l’extrémité droite de la console. Les commandes d’accessoires (Tirasses, accouplements) effectuées au moyen de cuillères furent réorganisées. Enfin, Tournemire compléta ces travaux par l’installation d’un éclairage du pédalier ainsi que de la tribune (portrait de César Franck et tableau avec le St Suaire).
Lors des travaux réalisés entre 1930 et 1933, la console de Cavaillé-Coll fut substituée à une nouvelle console plus grande et plus ergonomique. Conscient de l’intérêt patrimonial et historique de la console de 1859, Tournemire racheta I ‘ancienne console au chanoine Verdrie alors curé de Sainte-Clotilde. Il a légua ensuite par testament, à Flor Peeters parce que de tous ses amis, iI a été le plus fidèle. Lors de son décès en en 1986, celui-ci, à son tour, la légua au Conservatoire Royal d'Anvers- Conservatoire qui en fit don au Vleeshuismuseum, ou elle se trouve actuellement.
A l'occasion du bicentenaire de la naissance de Cavaillé-Coll en 2011, l’organiste Annelies Focquaert a effectué un important travail de recherches dans le but d’approfondir l’histoire mouvementée de cette mythique console. C'est alors que beaucoup de sources, jusqu'alors inconnues ont refait surface. Même si l'on ne dispose pas de certitudes sur le véritable propriétaire de la console en 1933, on peut néanmoins affirmer qu'elle fut sauvegardée par le curé de Sainte-Clotilde et par Tournemire. Les travaux ayants été financés essentiellement par les paroissiens, il est fort probable que Beuchet l’a remis alors à la paroisse. Étonnamment, le testament de Tournemire ne livre aucun détail sur la console, mais c’est grâce à la découverte de correspondances, que nous pouvons élaborer des suppositions. L'une d'entre elles, écrite par Flor Peeters à la veuve Alice Tournemire, met en avant la volonté de Charles Tournemire de léguer la console à la ville de Liège, après le décès respectif d'Alice et de Flor Peeters. Une autre lettre montre qu'Alice Tournemire, contre les dernières volontés de son défunt mari, légua de son vivant la console à Flor Peeters ne désirant pas 'attendre sa propre mort'. La console prit alors place chez Peeters à Malines à partir de 1946 ou de 1947.
A son tour, Flor Peeters légua la console au Conservatoire d'Anvers et après son décès en 1986. Elle prit alors place dans le bureau du directeur du conservatoire, qui la donna à titre de prêt au Vleeshuismuseum en 1991. Les recherches accomplies ont donc permis de mettre à jour des sources inconnues et de retrouver des correspondances et des dossiers considérés alors comme disparus.

Résumé rédigé à partir d’un article d’Annelies Focquaert L'Histoire de la console de César Franck (en Hollandais) Orgelkunst 34, 2, 82-96 (2011)

Console originale de Cavaillé-Coll